Maman nature ? A peine. Maman "maternage proximal" ? Peut-être. Mais avant tout une maman ordinaire
Je voulais vous faire la suite sur les couches lavables aujourd'hui. Mais j'ai pris connaissance d'une pétition qui, à mon avis, est primordiale.
Cela concerne l'allaitement. Vaste débat s'il en est un plus que tout autre dans le monde de la parentalité. On nous rabâche sans cesse que le lait maternel est le meilleur aliment, que l'allaitement est la meilleure chose que nous puissions faire pour nos bébé, etc. C'est vrai. Allaiter est une chose merveilleuse et le lait que produit une mère est forcément le mieux adapté pour son enfant (si elle ne consomme ni alcool, ni drogue cela va de soi). MAIS quid de l'accompagnement et de l'information ? Parce que mine de rien, c'est bien beau de faire la promotion de l'allaitement via des discours moralisateurs, mais quelle aide est-elle prodiguée aux femmes ?
Je ne parlerai pas ici des femmes qui ont choisi de ne pas allaiter. Je pense (espère) que leur choix a été éclairé par des vérités et pas des mythes qui ont la vie dure (sein déformé, douleurs). Mais là n’est pas le débat, lait artificiel ou lait maternel, ce choix ne regarde que les parents.
Par contre je suis atterrée par le nombre de femmes qui ont cessé d’allaiter à cause de mauvais conseils ou en l’absence d’aide. Certaines le vivent très bien, d’autres culpabilisent. Prenons un exemple très classique : les crevasses. Une mauvaise position du bébé, une mauvaise mise au sein peut provoquer des crevasses trèèèès douloureuses. Dans notre société, allaiter n’est pas innée. Ce problème de crevasses est donc souvent vécu comme une fatalité et les femmes cessent d’allaiter. Et c’est compréhensible, ca fait très mal une crevasse. Mais il existe des solutions ! Il suffit souvent de remettre l’enfant dans une position correcte, de vérifier son frein de langue, de traiter la candidose qui est l’origine de la plaie, etc. Et comment ces mamans le sauraient-elles, si elles ne se sont pas renseignées par elles-mêmes ? Surtout si l’entourage en rajoute avec des réconforts du style « bah, tu as déjà allaité 3 jours c’est déjà bien ! ». Cet exemple peut s’étendre aux pics de croissance (le bébé tète sans arrêt pendant plusieurs jours laissant la maman penser qu’elle n’a plus de lait ou qu’il n’est pas assez nourrissant, ce qui est faux archi-faux !) et à tous les petits ou grand tracas de l’allaitement.
Concrètement que se passe-t-il ? La maman souhaite allaiter. Elle se heurte à des soucis et n’obtient pas l’aide nécessaire. Elle culpabilise à l’idée de ne pas pouvoir donner le meilleur à son enfant. Elle se force à allaiter (ou pas) et finit par sevrer l’enfant, à contre-coeur ou avec soulagement (je peux comprendre le soulagement d’une maman qui a souffert de crevasses, croyez moi !). Certaines le vivront bien. D’autres le regretteront. Certaines culpabiliseront, voir tomberont en dépression post-partum dans le pire des cas.
Pourtant, il existe des solutions ! Comme le dit la sage-femme qui m’a suivi, conseillé, soutenue et qui m’a tant apportée pendant ma grossesse : « Si un professionnel de santé vous dit que vous devez cesser l’allaitement, demandez un autre avis. A part de graves problèmes de santé, il n'y a aucune raison pour qu’on vous pousse à cesser d’allaiter. »
A ce jour, je crois que la majorité des intervenants de santé ne connaissent malheureusement pas grand chose en allaitement et dispensent des idées souvent fausses et conduisent les mamans vers le sevrage, mamans qui sont perdues et veulent le meilleur pour leur bout de chou. Tant que ce personnel ne sera pas formé correctement, promouvoir l’allaitement maternel n’aura qu’un impact limité, discours plus moralisateur et culpabilisateur que réellement efficace.
Ainsi, si vous partagez mon avis, je vous invite à signer cette pétition : http://www.mesopinions.com/petition/sante/droit-soutien-allaitement-maternel/9662 Parce qu’en dehors du débat biberon/sein, le plus important reste, à mon avis, d’avoir le choix de nourrir notre enfant comme on le souhaite en fonction de nos convictions.
Je tiens à préciser que si le personnel de santé est souvent en manque d’informations au sujet de l’allaitement, il existe de nombreuses associations d’aide à l’allaitement qui peuvent aider les mères dans leur projet. Même si leurs paroles n’ont pas autant de force que celles d’un pédiatre ou d’un médecin auprès des parents, elles sont là, elles existent et elles sont un énorme soutien et une source d’informations importante.