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La début de notre histoire lactée : un chemin de croix

La début de notre histoire lactée : un chemin de croix

J'éprouve le besoin de me confier un peu, d'écrire notre histoire, nos débuts chaotiques. Une façon de ne pas oublier ? Je ne crois pas que je puisse oublier. Plutôt une façon de tourner enfin la page, de s'assurer que cette descente en enfer est enfin derrière nous. Dans ce billet, je vais vous poser les bases, que vous compreniez un peu. Dans le billet prochain, je vous parlerai de ce jour où j'ai failli perdre mon bébé, perdre une partie de mon âme. 

Il m'en aura fallu du temps et un vrai cheminement psychologique pour vouloir allaiter ma fille. Dépasser les idées que l'allaitement faisait mal, que j'allais avoir des crevasses (ma mère en avait eues, et a toujours été persuadée qu'elle n'avait pas des seins faits pour allaiter), que ça allait m'abîmer les seins, etc. Bref toute une batterie d'idées reçues 'alacon', et fausses cela va sans dire. Après une réunion de la Leche League et la lecture de leur livre, ma décision était prise : j'allais allaiter ma fille. Si j'avais su...

Les débuts ont été un peu chaotique : elle n'arrivait pas à bien prendre le sein, je stressais énormément, elle a mis un peu plus de temps que la moyenne à reprendre son poids de naissance mais finalement il semblait que tout roulait. A ses 1 mois et demi de vie, alors que je la change, je suis prise d'une subite angoisse : ma fille ne prend pas assez de poids. J'en suis convaincue. J'appelle donc ma super sage-femme (que j'appellerai M) pour prendre un rendez-vous pour une pesée. Elle m'a prise pour une maman angoissée sans raison j'en suis convaincue lol 

Mais une fois sur la balance, ma fille n'a pas pris un gramme. Je commence à paniquer, elle me rassure. Et c'est parti pour relancer ma lactation (l'homéopathie a fonctionné du tonnerre !), virer la sucette et recommencer à l'empêcher de dormir au sein et à pratiquer la compression du sein. Je vous parlais de toutes ces techniques ici. Ceci a marqué la fin des 6h de sommeil que ma fille faisait d'affilées ;)

Une semaine plus tard, après vagues d'angoisse, crises de larme, désespoir, etc, nouvelle pesée chez M. J'y vais la boule au ventre et supplie Môssieur de venir avec moi, même s'il arrivera en retard au travail. Je nage en pleine angoisse comme si j'allais lire mes résultats d'examens sur le panneau d'affichage. Vous savez cet équilibre entre espoir et désespoir, sur fond de trouille ?  A peine M a-t-elle ouvert la porte que je suis déjà en train de déshabiller Louloute. Pas de temps à perdre en blabla, je veux la peser. M essaie de temporiser et lâche l'affaire devant mon angoisse. Elle va chercher la balance. Je lis le chiffre. Il me faut quelques secondes pour me souvenir du précédent poids, et faire la fameuse soustraction : pas un gramme de pris. C'est là que je m'effondre. Môssieur est là, avec moi et heureusement. Il est mon pilier. 

M avoue que cela dépasse ses compétences et qu'il faut se tourner vers une conseillère en lactation. Elle essaie de me rassurer. Rien à faire, je suis en mode panique. Je repense à toutes les réflexions que j'ai entendu, que mon acharnement mettait en danger ma fille, que je devrais passer au bib etc etc. Toutes ces phrases, dites pour notre "bien" qui me mine le moral, que je ressasse en regardant mon bébé à travers mes larmes. Je pars avec le numéro d'une conseillère et un gentil mot de M. 

Sur le champ, j'appelle la puéricultrice. Elle passera dans l'après-midi, elle craint la neige prévue pour le lendemain. Elle est inquiète, cela fait un mois que Louloute n'a pas grossi. C'est donc parti pour sortir l'artillerie lourde : tire-lait après chaque tétée, on complète par mon propre lait au bib (elle n'en veut pas), au DAL + petit doigt (elle hurle dès que du lait coule), on fait des tétées-pesée, on cododote toutes les 2, je la mets au sein au maximum. Angoisse angoisse. J'avais cette peur sourde que si je ne nourrissais pas ma fille, elle allait mourir. Vraiment une angoisse dont je n'arrivais pas à me libérer. Je n'avais pas peur du lait artificiel (ce n'est pas le mieux mais ça ne tue personne), je ne voulais pas allaiter à tout prix pour par fierté personnel, pour lui apporter des anticorps ou simplement parce que c'était le mieux. Tout ça, c'était secondaire. Je voulais à tout prix l'allaiter parce que j'avais peur qu'elle ne meure sinon. Irrationnelle. Complètement et pourtant, mes tripes hurlaient qu'il FALLAIT qu'elle tète mon sein. Si j'avais su à quel point ma part animale sentait qu'il y avait un vrai souci...

Bilan 48h plus tard : elle n'a toujours pas pris. Môssieur me presse : il faut aller voir le médecin s'assurer qu'il n'y a pas de problème de santé comme le suspectait la conseillère (infection urinaire par exemple). 

Je prends rendez-vous, le médecin nous reçoit le jour même, ce fameux jour que je n'oublierai jamais, ce jour où j'ai cru perdre mon enfant, mon bébé, mon amour...

A suivre ici...